Wahlenbergbreen Mementos, à l’origine

Plus qu’une collection, Wahlenbergbreen Mementos est une histoire, le reflet d’une aventure inoubliable, vécue en Arctique dans le cadre de mes études. Une histoire construite au fil de nombreuses rencontres, avec les habitants du Svalbard, avec des scientifiques et en premier lieu avec cette Nature si belle, si forte et fragile à la fois, si désespérée et tenace à qui nous devons tout et que nous avons le devoir de préserver.

jeune femme expédition polaire arctique iceberg glacier

Août 2019. Me voici en Arctique, dans la ville de Longyearbyen sur l’archipel du Svalbard. J’ai préparé ce voyage durant des mois. Nous, étudiants en master de la St Martins School de Londres, devions partir à l’international nourrir notre projet de fin d’études, une collection évoquant un sujet de notre choix.


L’Arctique, une évidence

Ma motivation était claire depuis le départ : créer des bijoux qui fassent le lien entre les hommes et la planète, à travers le sujet de l’urgence climatique.

La destination de l’Arctique m’est donc apparue comme une évidence pour plusieurs raisons :

- c’est une partie du monde méconnue, dont les seules images véhiculées ou presque, sont celles des ours polaires ;

- cette région se réchauffe quatre fois plus vite que le reste du globe, du fait de son positionnement et de l’inclinaison de la Terre, mais aussi de l’action humaine.

- les paysages glaciaires m’ont toujours fascinée. J’aime la puissance qui se dégage de ces lieux que l’homme n’arrive pas à s’approprier, les bruits, la beauté du blanc immaculé, du bleu profond…

Et plus que tout, je me refusais à devenir une designer qui parle d’un sujet qu’elle ne maîtrise pas.

J’y étais donc pour comprendre, me rendre compte par moi-même, parler avec les premiers concernés et ces chercheurs installés là-bas pour étudier les phénomènes glaciaires et nous,renseigner.

Ce que j’allais vivre au Svalbard irait bien au-delà de mes espérances.


Révélations

J’y fais tout d’abord deux rencontres exceptionnelles : celle de Kim Holmén, alors directeur international de l’Institut Polaire Norvégien et celle de Heidi Sevestre, glaciologue mondialement connue.

Tous deux partagent cette idée selon laquelle nous ne devrions pas parler du changement climatique uniquement à travers des chiffres ou des données, mais à travers ce qui attire l’attention des gens : une forme, une couleur, une texture… et qu’en cela, les artistes et les designers ont un rôle à jouer.

Mon séjour est rythmé par un certain nombre d’activités aussi diverses que surprenantes : marche sur des glaciers, visite de la banque mondiale de graines et de la station satellite Svalbard, visite d’un campement de l’union Soviétique abandonné, ou encore cette rencontre unique avec des bélugas et des morses au milieu des fjords…



J’ai surtout cet honneur d’accompagner Kim Holmén et une équipe de tournage d’un documentaire anglais, en expédition le temps d’une journée. C’est là, sur un minuscule bateau faisant face au glacier Wahlenbergbreen que, sans le savoir encore, j’allais donner naissance à ma première collection.

Face à ce géant de glace qui ne peut laisser personne insensible, mes sentiments se mélangent : je suis ébahie bien sûr. Je me sens minuscule. L’émotion est telle que j’en ai les larmes aux yeux. La tristesse que je ressens face à une nature qui dépérit laisse ensuite place à la colère.


J’ai désormais une mission : transmettre ce que j’ai vu et entendu et toucher les gens à travers mon travail.

Il faudra un an à cette première collection qui me tient tant à cœur, pour prendre vie.

Hommage au lieu où j’ai vécu pendant un mois et aux personnes que j’y ai rencontrées, elle ne pouvait porter d’autre nom que celui du glacier qui m’est apparu comme une révélation et légitime la démarche que j’adopte depuis, à travers mes créations.


Capucine Huguet

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